
Chronique de Béligh Nabli, professeur des universités en droit public et essayiste.
Le mouvement réactionnaire qui traverse les démocraties occidentales et incarné par le couple Trump-Musk se cristallise autour d’un mot fourre-tout : « woke ». La France n’échappe pas à cette offensive idéologique, tant s’en faut. L’assaut d’un conglomérat de forces idéologiques « anti-wokistes » est clairement perceptible et va au-delà de l’extrême droite.
Invoqué ad nauseam dans un débat public singulièrement dégradé, « woke » est devenu une sorte d’argument d’autorité utilisé pour dénigrer, disqualifier et étouffer les revendications légitimes d’égalité, de justice, de respect des droits humains. Avec l’« islamo-gauchisme », ils représentent les deux faces d’une même pièce, celle d’un discours caricatural, agressif, contre toute forme de progrès, contre la science et la culture. Un nouvel âge de l’obscurantisme s’ouvre sous nos yeux ébahis.
L’obsession « anti-woke » s’inscrit dans le même registre que le fantasme « islamo-gauchiste » : encore un mot sans consistance réelle, mais érigé en arme d’hystérisation du débat public pour mieux fustiger un ennemi idéologique.

L’ancien agent le plus puissant du cinéma français, Dominique Besnehard, a mis en cause jeudi le comportement d’actrices qui ont accusé Harvey Weinstein ou Gérard Depardieu de viols, lors d’une audition mouvementée à l’Assemblée nationale à Paris.

L’homme de 71 ans, dans le métier depuis cinquante ans, a revendiqué appartenir «à l’ancien monde», au début de son audition devant la commission d’enquête sur les violences commises dans le cinéma.
«Quand j’étais agent, j’ai vu des actrices un peu dépasser les bornes. On ne va pas dans un hôtel avec un metteur en scène. Excusez-moi, Weinstein qui allait à Cannes, certaines actrices allaient dans sa chambre pour peut-être faire une carrière américaine. Je l’ai vu ça ! J’ai même des actrices dont je m’occupais qui y sont allées !»

Le roi déchu d’Hollywood Harvey Weinstein, emprisonné pour viol, a demandé mercredi à un juge new-yorkais à ce que son nouveau procès pour agressions sexuelles soit étudié avec un «œil neuf»
L’ancien producteur doit être rejugé après l’annulation par la Cour d’appel de New York de sa condamnation en 2020 à 23 ans de prison pour le viol d’une actrice, Jessica Mann, et l’agression sexuelle d’une assistante de production, Mimi Haleyi.
«Tout sera examiné à nouveau», a confirmé le juge Curtis Farber, qui a précisé lors de l’audience que la sélection du jury doit commencer le 15 avril, avant que le procès n’entre dans le vif du sujet à partir du 22 avril.

Insultes sexistes, racistes ou homophobes, humiliations permanentes: trois anciens hauts cadres vont s'expliquer à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Bobigny sur le harcèlement sexuel et moral systémique qu'ils sont accusés d'avoir mené au sein d'Ubisoft, géant français du jeu vidéo.
L’exécutif italien a approuvé un projet de loi visant à faire du meurtre d’une femme en raison de son sexe un crime à part entière, passible de la prison à perpétuité. Une décision largement saluée dans le pays, mais qui amène la presse italienne à s’interroger.
La Cour suprême des États-Unis se saisit d'une nouvelle affaire qui menace de faire reculer le temps pour les Américains homosexuels et transgenres. Les juges ont annoncé lundi qu'ils examineraient une contestation fondée sur le Premier Amendement de l'interdiction des thérapies de conversion dans le Colorado, première action de ce type portée devant les juges.
Plus de 20 États interdisent actuellement aux professionnels de santé de proposer des « traitements » correctifs aux jeunes homosexuels et transgenres qui souhaitent changer d'orientation sexuelle et/ou d'identité de genre. Les principales organisations médicales ont unanimement condamné les thérapies de conversion, les jugeant non scientifiques et potentiellement dangereuses pour les patients. Si la justice annule ces lois, les États disposeront de bien moins d'outils pour protéger les Américains homosexuels et transgenres contre des traitements néfastes et souvent coercitifs.
À l’ouverture de la nouvelle session de la Commission de la condition de la femme, des hauts responsables des Nations Unies ont, lundi, déploré la lenteur des progrès visant à résorber les inégalités entre hommes et femmes.
Selon le Président de l'Assemblée générale, Philémon Yang, au rythme actuel, il faudra 137 ans pour sortir toutes les femmes de l'extrême pauvreté et 68 ans pour mettre fin au mariage des enfants.
Pour M. Guterres, ce qui est à l'œuvre n’est ni plus ni moins qu’une contre-révolution.
« Le poison patriarcal est de retour », a-t-il estimé.
Un retour en force caractérisé selon le chef de l’ONU par les disparités salariales, à hauteur de 20 % d’écart entre hommes et femmes, et par les violences que subit un tiers des femmes dans le monde, notamment en période de conflit, où elles font souvent l’objets d’abus sexuels systématiques, comme c’est le cas actuellement en Haïti et au Soudan.
M. Guterres a rappelé que les femmes sont toujours privées de droits fondamentaux dans de nombreux pays, comme le droit de ne pas être violée par son mari, de posséder des biens, d’obtenir la citoyenneté sur un pied d’égalité avec les hommes ou encore d’accéder au crédit sans devoir obtenir la permission de son mari.
Des experts internationaux ont accusé jeudi les forces israéliennes de "recourir systématiquement à la violence sexuelle, reproductive et à d'autres formes de violence fondée sur le sexe" dans le cadre de la guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza.
Selon l’ONU, cinq types d’actes peuvent constituer un génocide. Dans le rapport, deux de ces actes concernent Gaza : les "mesures visant à entraver les naissances" et la "soumission intentionnelle" d’un groupe à des "conditions d’existence qui entraînent sa destruction physique".

Selon la fille d'Elon Musk, Vivian Jenna Wilson, le milliardaire aurait utilisé la FIV sélective pour privilégier une descendance masculine.
Elon Musk a beau avoir une grande famille, peu de filles la composent. Sur 14 de ses enfants, 11 sont nés garçons. Une coïncidence? Vivian Jenna Wilson ne le pense pas. Le 9 mars, la jeune femme de 20 ans s'est exprimée sur Threads et a accusé son père d'avoir eu recours à la FIV (fécondation in vitro) sélective pour choisir le sexe de ses enfants.
Vivian Jenna Wilson est née garçon en 2004. En 2020, alors âgée de 16 ans, elle entame une transition de genre. Une décision qui n'a vraisemblablement pas plu au milliardaire. Depuis, père et fille ne s'adressent plus la parole et s'attaquent fréquemment par médias interposés. En 2024, le propriétaire de X affirmait à Daily Wire : « J'ai perdu mon fils Xavier. Il a été tué par le virus woke ».

Rebondissement dans l’affaire Gilbert Rozon. La Cour d’appel a accepté la demande des avocats du fondateur de Juste pour rire de suspendre le procès en cours au palais de justice de Montréal.

M. Rozon contestait une décision rendue vendredi dernier en Cour supérieure, qui limitait les questions que ses avocats pouvaient poser durant leurs représentations, en vertu d’un article du Code civil touchant les mythes et stéréotypes, qui vise à protéger les victimes d’agressions sexuelles.
Lundi, la juge Chantal Tremblay, qui préside le procès civil des neuf femmes qui accusent Gilbert Rozon de viol et d’agression sexuelle, a autorisé la défense à s’adresser à la Cour d’appel. En milieu d’après-midi, le juge Martin Vauclair a suspendu les procédures en Cour supérieure jusqu’à ce qu’il rende une décision.
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Le procès civil de Gilbert Rozon suspendu au moins jusqu’en avril
Après un silence radio, le couperet : le gouvernement du Québec cessera de financer le service d’interprètes pour les femmes immigrantes victimes de violence, a appris Le Devoir. Alors que ce financement vient à échéance le 31 mars, l’incertitude planait sur la reconduction de ce soutien financier pour une initiative qui permet aux femmes immigrantes et allophones, de plus en plus nombreuses dans les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, d’obtenir des services d’interprétariat et de traduction.
Pendant ce temps, les investissements de la CAQ :

Paulusie Aupaluktuk-Nutaraluk, 44 ans, est accusé de meurtre au deuxième degré dans le décès de Luuku Luuku le 28 février, selon les informations déposées auprès du tribunal.
Les documents montrent qu'Aupaluktuk-Nutaraluk était sous le coup d'une ordonnance de libération du tribunal l'obligeant à ne pas harceler, déranger, suivre ou espionner Luuku, et à s'abstenir d'utiliser ou de posséder des substances intoxicantes et de ne pas posséder ou porter d'armes.

Depuis cinq ans, Le Devoir tient une vigie des meurtres conjugaux commis au Québec. L’objectif initial était — et est toujours — d’assurer une meilleure couverture journalistique de ce grave problème social ainsi que d’honorer la mémoire de ces femmes qui ont perdu la vie. Alors que cette sixième année de vigie commence, le Québec vient tristement de franchir le seuil des 60 femmes tuées par un conjoint ou un ex-conjoint depuis 2020.
Plus d’une centaine de femmes autochtones sont réunies à Gatineau pendant trois jours à l’occasion du premier rassemblement national de femmes autochtones stérilisées contre leur gré.
Au moins 12 000 femmes autochtones ont été stérilisées contre leur gré au Canada.
La sénatrice Yvonne Boyer est à l’origine du projet de loi S-250, qui définit ce qui relève du consentement et qui prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison pour des interventions de stérilisation forcée et contrainte.
La santé mentale des communautés LGBTQ+ est en crise, plaide Interligne. Une vaste étude commandée par l’organisme, dont les résultats ont été publiés mardi, démontre que près de neuf personnes sur 10 issues de la diversité sexuelle et de genre ont vécu au moins un défi de santé mentale dans la dernière année.
L’étude démontre que 28% des personnes LGBTQ+ considèrent leur santé mentale «mauvaise» ou «très mauvaise», contre 14% de celles qui ne sont pas issues de ces communautés.
«Il est impératif que les décideurs prennent conscience de cette réalité et agissent rapidement pour financer des services de soutien accessibles et durables», affirme M. Vaillancourt.
Entre 2023 et 2024, l’organisme a par ailleurs observé une hausse de 21% des appels en santé mentale et de 15% en lien avec des idées suicidaires.

Elles sont essentielles au bon fonctionnement de la ferme familiale, mais ne sont pas toujours rémunérées pour leurs tâches. Comptabilité, gestion du personnel, ventes, soin des animaux : les femmes en agriculture réalisent en moyenne 2392 heures de travail invisible chaque année, ce qui représente un salaire de 45 507 $*.
Ces chiffres sont tirés des réponses d’un outil de calcul diffusé par les Agricultrices du Québec, un groupe affilié à l’Union des producteurs agricoles. Le questionnaire a été rempli par 398 productrices.

Sept victimes. C’est le nombre supplémentaire de femmes que le médecin spécialiste Stephan Probst aurait agressé sexuellement depuis 20 ans. Déjà reconnu coupable de viol collectif, l’ex-chef de service à l’Hôpital général juif fait face à une pluie d’accusations.
Au procès, Stephan Probst s’était targué d’avoir eu 40 relations sexuelles à trois avec d’autres femmes et de nombreuses autres relations sexuelles avec des femmes. Il avait aussi décrit qu’il achetait lui-même de la « MDMA cristalline en poudre » et qu’il la calibrait minutieusement pour l’offrir à ses invités.
Le Tribunal d’arbitrage valide la destitution d'un policier de la Sûreté du Québec (SQ) de la grande région de Québec. Il avait fait l'objet d’une enquête disciplinaire pour une agression sexuelle et des voies de fait causant des blessures, commises pendant qu’il n’était pas en service.
Dans sa décision, l’arbitre Jean-François La Forge conclut que les gestes reprochés au policier constituent des gestes de violence répréhensibles et que la destitution imposée pour agression sexuelle est raisonnable [et] amplement justifiée.
Il est à noter que l'ex-policier n’a pas fait l’objet d’accusations criminelles dans ce dossier.
Claude Doiron fait face à des accusations d’agression sexuelle, de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels sur une personne âgée de moins de 14 ans.
Le dossier de l’ancien porte-parole de la Sûreté du Québec, Claude Doiron, était de retour devant le juge Denis Paradis, lundi.
L'arrestation serait en lien avec des allégations de leurre informatique sur une personne mineure.
Le policier en question, qui a plusieurs années d’expérience, aurait entre autres déjà travaillé pour l'escouade Équinoxe qui vise surtout les interventions sur le crime organisé, la violence, la drogue et le proxénétisme.
La police de Laval a confirmé que le sergent en question a été suspendu pour fin d’enquête, mais qu'il n'y a pas d'accusation pour le moment dans le dossier.
Emilie Ouellette
2025-03-15 02:46:45 +0000 UTC