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J’analyse le film "La Rupture" : comprendre l’implacable mécanique d’une séparation (Format audio - MP3 téléchargeable)

Timeline & Liste des sujets :

00:00:00 Introduction : la rupture comme un processus, une séquence
00:01:47 Les maîtresses du jeu : les femmes sont à l’initiative dans 70 % des séparations
00:04:34 La rencontre
00:10:09 Une différence de classe sociale
00:11:49 La scène des citrons
00:18:21 Quand les repas avec la belle-famille te cassent les couilles 😅
00:23:03 La première grosse engueulade…
00:30:40 Ne sous-estimez jamais la classe sociale dans vos relations
00:35:08 Quand la femme décide que les conditions de la relation ont changé
00:40:28 Se mettre en couple, c’est perdre sa liberté : une subtilité qui échappe à certains
00:44:05 « Je mérite mieux que toi » : la bombe thermo-nucléaire que te lâche une femme
00:50:11 Une dernière chance… avant la fin
00:56:02 Les (vraies) raisons de la séparation
01:07:12 Comment se déroule le script d’une rupture dans l’esprit d’une femme ?

J’analyse le film "La Rupture" : comprendre l’implacable mécanique d’une séparation (Format audio - MP3 téléchargeable)

Comments

"Tu es comme tu es." La phrase que dit Jennifer Aniston vers la fin du film veut simplement dire qu’elle essaye de rationaliser sa relation, ici, en essentialisant le comportement de son copain. En disant cela, elle suggère que s’il a eu un mauvais comportement avec elle, c’est parce qu’il agit de la même manière avec toutes les femmes. Il est « comme il est », et rien ni personne ne peut le changer. C’est une façon de se dédouaner sur sa propre valeur, puisque la vérité est beaucoup plus cruelle, et plus difficile à accepter. S’il a eu un mauvais comportement envers elle, il peut très bien avoir un excellent comportement avec une autre fille, pour laquelle il sera plus investi, plus attentif, plus généreux, simplement parce qu’il la désire davantage. Et pourquoi serait-il plus investi ? Parce que, de façon très simple et directe, cette autre fille est plus belle. Je trouve que tu surinterprètes énormément de choses dans ce film. Déjà, toute ta rhétorique bourdieusienne sur les rapports de couple entre classes sociales n’est rien d’autre qu’une conjecture que tu as construite de toutes pièces à partir d’un scénario fictif, en projetant sur lui une lecture théorique extérieure. Quand Jennifer Aniston regrette que son copain ne l’invite pas à voir le bal, ce qu’elle lui reproche, au fond, ce n’est pas un désintérêt pour les codes culturels d’une classe sociale, mais simplement un manque d’implication dans leur relation. La vérité, c’est que, comme dans beaucoup de couples, la femme considère que c’est elle le prix, et que c’est donc à l’homme de faire les efforts nécessaires pour la mériter, pour se montrer à la hauteur, pour prouver son attachement. Et c’est justement pour cela qu’elle le teste. Elle le teste en étant désagréable, en le mettant à l’épreuve, en lui reprochant toutes sortes de choses plus ou moins justifiées, dans l’espoir qu’il tienne bon. En l’occurrence, ce test prend la forme susdite, c’est-à-dire le reproche que son copain ne s’intéresse pas aux codes culturels de sa classe, mais en aucun cas il ne faut croire que ce soit là la raison profonde de sa critique. Je vais donner un exemple concret pour motiver ma proposition. Si un homme impulsif sort avec une fille, et que cette fille a beaucoup de désir pour lui, alors elle verra dans son impulsivité des qualités positives : de la soif de vaincre, de la virilité, une forme brute de masculinité qu’elle jugera séduisante. Idem pour un homme qui serait tout l’inverse, quelqu’un de calme, posé et serein. Si une femme ressent un grand désir pour cet homme, elle verra chez lui des qualités louables : elle dira de lui que c’est un homme qui sait maîtriser ses émotions, qui est un partenaire idéal de couple, quelqu’un qui sait s’excuser quand il a tort, et qu’il incarne l’homme parfait. À l’inverse, si le niveau de désir diminue dans une relation — que ce soit dans le premier cas ou dans le second — les qualificatifs que portera la femme à l’égard de son homme seront systématiquement péjoratifs. L’homme impulsif deviendra alors quelqu’un d’incapable de maîtriser ses émotions, un gamin violent, instable, dont les réactions sont insupportables. Et l’homme calme, lui, deviendra un être vide, sans émotion, distant, presque absent, un homme qu’on a envie de secouer tant son inertie devient pesante. Aussi, si je devais résumer l’ensemble de ton discours, je dirais que tu interprètes la rupture de ce couple, dans le film, comme étant à moitié causée par une différence de classe sociale, et à moitié par un désintérêt de l’homme pour sa relation. Et pour moi, c’est une interprétation marquée par un biais du monde juste, que tu motives à travers l’exemple d’une fiction. En réalité, de nombreux hommes ne font strictement rien de mal dans leur couple, et pourtant, ils se retrouvent quittés, parfois même brutalement, comme dans le cas d’un divorce. J’en parle en connaissance de cause, parce que c’est exactement ce qui est arrivé à mes parents. Mon père était dentiste, il s’en sortait très bien, et ma mère l’a pourtant quitté. Alors évidemment, avec le recul, elle formule des justifications. Elle lui reproche de ne pas avoir été assez présent pour l’éducation de son fils, elle invoque toutes sortes de raisons qui, à ses yeux, paraissent valables. Mais pour moi, ce ne sont que des prétextes. La vérité, c’est qu’elle estimait qu’elle avait de meilleures options que lui, qu’elle pouvait espérer un homme plus à son goût, plus conforme à ses attentes profondes, et donc, elle a simplement préféré continuer sa vie sans lui — malgré le fait qu’il était dentiste, qu’il était plutôt beau, et qu’il avait un comportement irréprochable. Tout cela relève d’une logique de valeur sur le marché de l’amour — une valeur à la fois génétique et cognitive. Le désir sexuel est le seul vrai moteur de l’amour, et toi qui sembles apprécier Schopenhauer, tu devrais reconnaître que ce qu’on appelle « amour » n’est souvent qu’un habillage social et romantique d’un élan vital plus fondamental. Toutes les justifications morales, psychologiques ou philosophiques qu’on plaque sur les séparations et les liaisons ne sont, au fond, que de la métaphysique — un voile qu’on tire sur une réalité plus crue, plus brutale, mais aussi plus simple : nous sommes des animaux, mus par nos pulsions, et tout le reste n’est qu’une manière de l’oublier. Tout cela relève d’une logique de valeur sur le marché de l’amour — une valeur à la fois génétique et cognitive. Le désir sexuel est le seul vrai moteur de l’amour, et toi qui sembles apprécier Schopenhauer, tu devrais reconnaître que ce qu’on appelle « amour » n’est souvent qu’un habillage social et romantique d’un élan vital plus fondamental. Toutes les justifications morales, psychologiques ou philosophiques qu’on plaque sur les séparations et les liaisons ne sont, au fond, que de la métaphysique — un voile qu’on tire sur une réalité plus crue, plus brutale, mais aussi plus simple : nous sommes des animaux, mus par nos pulsions, et tout le reste n’est qu’une manière de l’oublier. Les relations de couple ne sont qu’un échange de compliance. Une compliance que l’homme délivre selon la valeur sexuelle de la femme, et vice-versa, que la femme délivre selon la valeur qu’elle porte à l’homme, quelle qu’elle soit. Dans le cas de ce couple, si l’homme avait deux points de plus — admettons que c’est un 6 et qu’il passe à 8, ce qui n’a rien de scientifique mais permet une représentation plus visuelle — alors la femme aurait logiquement beaucoup plus de compliance à l’égard de ses défauts. Et il en irait de même pour l’homme. Si demain cet homme retrouve une fille qui a deux points de plus que son ex, non seulement il oublierait immédiatement cette dernière, mais il manifesterait également un niveau de compliance bien supérieur.

Dimitri

Salut L Observateur ! Merci pour ce podcast bien détaillé j aime bcp ! J ai remarqué dans les relations les hommes restent les mêmes c est la femme qui changent Les hommes pas avertis du moins .... je l écoutais avec un collègue qui divorce.. il était dévasté 🤣 Cependant j ai une question tu as retiré les podcast suivants ? ( misère sexuelle) et ( égalité mon cul , suis je misogyne, youtube me censure ? ) j aimerais bien les réécouter merci pour ton travail

Kevin Ura

C’est un excellent sujet à aborder, et les mécaniques sont bien plus complexes qu’on ne le pense, avec des cas tout aussi nombreux. Il y a, en effet, la femme qui n’a pas ce qu’elle veut — qui n’est pas satisfaite émotionnellement ou sexuellement (conjoint négligeant) — et qui va chercher cela ailleurs. Mais il existe aussi des stratégies reproductives complexes (et parfois inconscientes), où la femme va chercher une meilleure qualité génétique. Son conjoint ferait un bon père, stable et fiable, mais elle veut un upgrade génétique avec un homme de meilleure qualité. Pour caricaturer : elle est avec Jeff Bezos pour la sécurité, mais elle veut que ses enfants soient plus beaux, alors elle garde Bezos sous la main tout en le trompant avec Brad Pitt, le méga Tchad à la mâchoire carrée, sec, musclé, plus grand. L’idée étant d’avoir une descendance plus « performante », qui aura elle-même de meilleures chances de se reproduire. J’en parlerai à l’occasion.

L'Observateur

Salut L'Obs, tu as abordé différentes facettes des relations hommes femmes mais (sauf oubli de ma part) tu n'as pas encore évoqué les mécanismes qui poussent une femme à tromper son mec. Il y a des cas où je me dis le mec l'a mérité pour ma passivité et son incapacité à tenir sa femme, et d'autres... bah sa femme était une grosse s*****. Je serais curieux de connaître ton avis sur la question. A+

Mysterio


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